Démarche Artistique



Je puise mon inspiration dans la nature. Je me nourris du vent, de la pluie, des odeurs, de toutes ces vies qui se dressent et se courbent. Peu à peu elles m’emplissent de sérénité, de colère ou de joie et déjà, je peins dans ma tête. L’image est en moi.
Je suis influencée par la lumière : elle dynamise ou adoucit le paysage.
J’aime le soleil du soir. Il fait naître des ombres démesurées, réchauffe les couleurs. Il m'incite à des palettes cubistes d'ocre rouge, de jaune, de terre, de blanc et de noir coloré.
J’aime le soleil éclatant de la pleine journée, gorgé d’énergie. Il intensifie les couleurs, accentue les contrastes. Peut-être me donnera-t-il l'envie d'une marine qui déclinera un camaïeu tonique de bleu et de vert.
J’aime le soleil qui filtre à travers les nuages et structure le ciel, en le balayant de palettes fauves.
J’aime la brume lyrique et mystérieuse. Sa mélancolie m’invite à une certaine retenue du geste et de la couleur. C'est dans la brume que j'ai préféré Venise, tout y est ambigu, suggéré. C'est ainsi que je l'ai représentée, la 1ère fois, avec des palettes de gris ocrés, gris violacés aux nuances feutrées.

Mon pari est de partager mon émotion avec celui qui regarde.
Je n’ai pas envie de représenter la réalité, la figuration n’est qu’un point de départ. Je ne veux exprimer que le caractère, l’esprit de ce que je perçois. Le dialogue se crée entre le paysage et moi, entre moi et la toile, entre la toile et le spectateur.
Au début je conçois le projet dans ma tête (le thème, l’ambiance colorée, la structure de base).
Au cours de la réalisation le cœur intervient. J’exalte les couleurs, je structure la forme, j’introduis un rythme pour formuler un climat, un sentiment. Je me lâche et mon corps, libre, se laisse aller à ce qui lui vient spontanément. Il insuffle une dynamique en provoquant parfois le déséquilibre dans l’équilibre. L’élan du geste contrebalance la rigueur de la construction et amplifie les rythmes plastiques.

Le couteau participe à cette démarche car peindre au couteau comporte une part de violence. Il ne maquille pas la toile, il la macule, la griffe, la caresse. La lame vient s’immiscer dans la couleur pour que la surface devienne matière en jouant de la lumière.
À la fin je veille à la cohérence de l’ensemble, à l’équilibre entre palette, sujet et composition. J’ajoute un accent de lumière, une touche de couleur, une ligne de force…

Photo nu
Mon vœu est que le tableau ouvre au spectateur un monde qui change suivant ses humeurs, les jours, l’heure : je ne dis pas tout afin que son regard conserve une part de création au gré de son imagination… et que la peinture vive.
Cette volonté s’est faite de plus en plus pressante au cours des années. Elle a déterminé une évolution importante de mon style, celui que je propose dans mon exposition de juin 2009 : EVOLUTION.
L’impression de mouvement sur la toile s’accentue car mon geste est plus libre. La perception du motif reste le moteur de mon inspiration mais son évocation laisse le spectateur vivre son rêve.
Le couteau n’est plus mon seul outil, il agit de concert avec la brosse ou la main. J’utilise aujourd’hui des techniques mixtes (papiers, enduits, sable, bâtons d’huile…) : l’œil découvre alors une surface moins lisse, moins sage, il perçoit des espaces de matière épaisse, la trame paisible où vibrent des glacis, des transparences animées par des giclures, des fusions, des traces... Le tableau oppose et harmonise la douceur et la force, le calme et l’orage à l’image de la nature telle que je la ressens. Voila ce que je tente de restituer et que j’espère partager avec les visiteurs de mon exposition EVOLUTION du 4 au 13 juin 2009 à la Galerie Etienne de Causans 25 rue de Seine, Paris.